Tromper le flair des moustiques pour lutter contre le paludisme

first_imgTromper le flair des moustiques pour lutter contre le paludismeUne avancée majeure pourrait être permise par la découverte de scientifiques qui pensent avoir réussi à identifier les molécules odorantes capables de tromper le flair des moustiques.Le moustique détecte ses proies à partir du CO2 relâché lorsqu’elles respirent, expliquent des chercheurs dans la revue Nature. Les molécules qui viennent d’être découvertes permettraient de tromper le flair des moustiques et notamment des femelles Anopheles gambiae, Aedes aegypti et Culex quinquefasciatus, vecteurs du paludisme et d’autres maladies comme la dengue, la fièvre jaune, la filariose et le virus du Nil occidental. Ces molécules pourraient donc donner naissance à de nouveaux répulsifs ou à des leurres, estime Anandasankar Ray, professeur à l’université de Californie.À lire aussiDengue : symptômes, traitement, prévention, où en est-on ?Si ces substances sont utilisées, elles permettraient de remplacer le DEET, un répulsif aussi efficace que coûteux et qui demande à être régulièrement appliqué, indique l’AFP. De plus, au fil du temps, les moustiques y deviennent résistants ce qui inquiète de plus en plus les autorités sanitaires. Les pièges à base de neige carbonique, de CO2 ou de propane existent mais ils sont à la fois encombrants et chers et ne peuvent donc pas être utilisés à grande échelle dans les pays pauvres où le paludisme fait des ravages (800.000 morts en 2009 dont 90% en Afrique parmi lesquels on compte 92% d’enfants). Les nouveaux pièges, eux, pourraient être à la fois “extrêmement maniables, pratiques et facilement rechargeables”, indique M. Ray.Ces molécules odorantes seraient capables de brouiller les cellules sensibles au dioxyde de carbone. Ces cellules, situées sur de minuscules antennes placées de part et d’autre de la bouche de l’insecte, s’activent dès la perception du CO2 et poussent le moustique à décoller pour aller “contre le vent” afin de remonter à la source. D’autres détecteurs de chaleur et d’odeurs (la sueur notamment) guident l’insecte. Toutefois, l’innocuité de ces substances chimiques pour l’homme reste à démontrer, indiquent les chercheurs.Le 2 juin 2011 à 20:12 • Emmanuel Perrinlast_img